Dis... Tu es encore là?

11 novembre 2010

Prologue

Pourquoi... Pourquoi j'existe? Qu'est-ce qu'exister d'abord? Est-ce que l'on peut vraiment exister, mais en arrêtant de vivre? Ou, nous sommes obligé de vivre? Qu'est ce que vivre? En suivant ce mouvement qui semble dicté par quelqu'un... Comme un marionnetiste qui manipule son pantin. Dans ce cas, le mien m'a laissé tomber.

Une nouvelle journée commençait. Lassivement, Cassidee se leva, glissa ses pieds gelés dans les bottines fourrées qui lui servait de chaussons et comme chaques matins, elle s'approcha de la fenêtre. Le ciel gris qui dominait sur le long bâtiment, se mélait si bien à son moral. Et un détail innabituel retint son attention, la réchauffant un peu. Un long soupir s'échappa. Sans réfléchir, machinalement, elle prit la veste à carreaux verts et gris posée sur la chaise à côté du lit simple et doucement, sans un bruit, elle sortit. Sur la pointe des pieds, elle se faufila dans le couloir blanc et silencieux. Elle jeta un coup d'oeil sur la pendule de la salle de repos. A peine quelques minutes la séparait du torrent matinal. Avec un dernier regard derrière elle, la jeune fille appuya sur le bouton de l'ascenseur, le tout dernier de la liste, celui qui menait au rez-de-chaussée. Quand le sursaut de son estomac lui indiqua qu'elle était arrivée à destination, elle s'apprêta à s'enfuir tout au long du grand hall de faux marbre. Les portes métalliques s'ouvrir et elle s'élança. L'infirmière de garde la regarda passer avec un sourire, et Cassidee aperçut son léger hochement de tête désapprobateur. L'ignorant totalement, elle continua son chemin jusqu'à ce que les portes automatique libéra le vent glacial qui vint frapper son visage. Avec un frisson, elle se serra dans sa veste et s'éloigna dans le chemin qui menait au parc. Au bout de quelque pas, elle s'agenouilla et prit une poignée de neige froide. Le blanc la rendait si pure et scintillante. Tout au long du parc, jusqu'à l'entrée, la neige s'étalait sans limite. Cassidee souffla, provoquant la fumée qui s'échappa de sa bouche et se mit à tournoyer. Le temps semblait s'être suspendu, arrêté juste pour quelques instants, pour laisser un peu de repos à l'adolescente. La sortir, bien que momentanément, de cet hôpital de campagne où elle était enfermée depuis près de deux mois. La neige... Cassidee l'attendait chaque année plus encore. Pouvoir admirer ces paysages blanc, où tout semble lavé, tout problème effacé par ce long manteau glacé, et les rares rayons de soleil qui s'infiltrait parmis le silence, semblait faire sourire la terre. La jeune fille se mit à imaginer. S'inventer quelque chose qui pourrait la sortir de ce long tunnel entouré de noir, que même cette neige lumineuse n'arrivait pas à percer. Plus haut un corbeau croâssa. Cassidee sentit ses jambes se dérobés sous son corps. Et doucement, sans un bruit qui pourrait perturbé ce silence, elle tomba. Le temps reprit son cours. Clouée au sol, elle n'osait plus faire un geste. Les picotements sur ses poignets avaient repris, et elle gémissait. Les voix qui la suivaient depuis un mois, recommencèrent à la harceler. Portant ses mains à ses oreilles, elle se rendit compte qu'elle était frigoriffiée, incapable de bouger. Dans cette même position qu'elle avait été trouvée quelques semaines auparavant. L'infirmière de garde qui l'observait dpeuis son poste pressa le bouton d'appel, et un homme âgé de la quarantaine se précipita dehors. Il s'aperçu vite du liquide rouge qui coulait, tachant cette neige argentée.

" Laissez moi partir. Laissez moi partir. Laissez moi partir. "

C'est tout ce qu'elle était capable de dire. La douleur de son poignet gauche s'était réveillé, mais le froid l'anestésiait. Elle sentit à peine les bras fort qui la soulevait, ni des cris qui appelaient. La seule chose qu'elle eu le temps d'apercevoir, c'était lui. Puis ce fut de nouveau noir.

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13 novembre 2010

I/

- Est-ce que tu te bats, Cassidee?

Se battre? Il y a bien des jours qu'elle avait cessé.

- Si tu ne te bats pas, alors les cicatrices s'ouvriront toujours tu sais?

Parce qu'elles s'étaient refermées?

Le psychologue referma son cahier et se leva lentement.

- Ce sera tout pour aujourd'hui... Repose toi.

Avec un regard désolé sur la jeune fille, il sortit. Cassidee regarda sa fenêtre. Le rouge avait finit par se méler au blanc, et il ne restait plus qu'une simple marque rosâtre qui ne tarderait pas à s'effacer. Prise d'une faigue innomable, elle s'allongea completement et plia ses jambes sous la couverture. Du bout des doigts, elle frola le nouveau bandage serré autour de son poignet, cachant la terrible honte qu'elle avait engendré. Le regard vide, elle semblait fixé un point au milieu de la pièce, ignorant totalement la femme à ses côtés.

Ses cheveux blonds encore emmelés par la nuit interrompue qu'elle venait de passer, Marie observait sa fille, les mêmes gouttes d'eau encrées dans les yeux. Elle ouvrit la bouche comme pour rappeler à son enfant qu'elle était là, mais renonça. A quoi bon? Elle ne l'entendait déjà plus. Du regard, elle la détailla, comme pour se rendre compte d'une chose qui pourrait la sauver. Comme si ses longs cheveux bruns pouvaient la ramener, que ses yeux gris éteins pouvaient d'un coup s'illuminer, ou que son visage si fermé et révélant des cernes bleutées pouvait redevenir vivant. Vivant... Marie baissa la tête. Elle avait été incapable de voir que sa fille avait arrêté de vivre. Aujourd'hui elle donnerait tout pour pouvoir abandonner la peur des appels de l'hôpital, craignant celui qui lui dirait que son bébé était partie pour de bon. Pouvoir oublier le chemin qu'elle empreintait chaque jour, ce chemin qui la menait à une torture silencieuse, celui qui lui montrait un corps immobile et une douleur sans nom. Marie se souvenait très bien de ce jour où elle l'a pris pour la première fois. Elle s'était garrée près du grand chêne, et avait demandé d'une voix douce à sa fille de descendre. Si le sportes de l'enfer avaient été ouvertes les jours précedents, Marie avait pénétré à l'intérieur de l'enceinte, au moment où Cassidee avait levé les yeux vers elle. Une dernière fois. Doucement, elle avait quitté la voiture, et s'était placé face à sa mère. Là où Marie pensait trouvé de la colère, de la haine, de l'indignation, ne serait-ce qu'un sentiment qui pourrait montrer qu'elle se battait, elle n'avait vu que des yeux implorant, suppliant, abattus, qui lui demandait silencieusement de ne pas l'abandonner. C'est alors que la femme avait pris tout son courage pour entrainé sa fille à l'intérieur de l'établissement, ignorant les prières, les supplications de son enfant.

" - Je te déteste."

Marie avait simplement hocher la tête. Simplement souris. Elle avait gardé le sourire jusqu'à ce que sa fille fut emmenée. Puis elle s'effondra. Comment n'avait-elle pas pu remarquer l'absence de son enfant? Ce n'était pas elle, c'était impossible. L'adolescente qui s'asseyait tous le ssoirs à sa table ne pouvait pas être sa fille. Alors elle avait décidé d'ignorer. Ignorer les appels au secours qui lui parvenait peu à peu.

L'image des avants bras bandés de Cassidee la ramena au présent. Rassemblant le reste de courage qui lui restait, elle leva la main et toucha les cheveux couleur chocolat en lui chuchotant:

- Je dois rentrer Cassi, mais je reviens demain, d'accord?

Elle attendit une réponse, dont elle doutait qu'elle ne viendrait pas, avant d'ajouter:

- Attends moi d'ici là, promis ma chérie?

Sa voix se brisa et elle se redressa, préférant quitter la chambre avant que sa fille n'ai eu le temps de voir les larmes qui coulaient le long de ses joues creuses. Elle attendit l'ascenseur pleurant sans bruit, les portes s'ouvrirent libérant un jeune garçon. Il s'arrêta, et ses yeux s'allumèrent. Marie leva les siens vers l'adolescent. Au bout de quelques secondes, il lui sourit. De ce même sourire qui manquait tant à la maman. Son sourire s'effaça, et lorsqu'il s'écarta pour la laisser monter dans l'engin, il lui tendit un mouchoir en papier. Marie le saisit du bout des doigts, le remerciant d'un regard. Elle s'aperçue alors des yeux qui la dévisageait. Des pupilles pailletés d'or. Il lui fit un clin d'oeil, et alors que les portes se refermait, il avait tourné les talons, s'enfonçant le long du couloir, laissant Marie stupéfaite.

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14 novembre 2010

2/

Cassidee se retrouvait de nouveau seule. Dans cette chambre au mur couleur pêche, mais déprimants, qui ne contenait qu'un lit simple avec des draps verts pomme rapportés par sa grande soeur, un fauteuil en cuir de la même couleur, une télévision accrochée au mur qui ne passait que les six chaines principales et qui restait désesperement éteinte depuis que Cassidee était arrivée, et un placard où des vêtement simples l'attendaient. Au fond près de la fenêtre, il y'avait une porte qui menait à une petite salle de bains qui faisait le lien avec la chambre de l'autre côté, mais elle restait fermée. Cassidee avait interdiction de s'y trouver seule depuis qu'elle avait essayé de casser le miroir. Une odeur de fleurs laissé par sa mère lui donna envie de vomir, mais elle se contenta de fermer les yeux, pour échapper à la vue de cet endroit.

Il était déjà midi passé lorsqu'elle se réveilla. Jewell, l'infirmière de jour qui la suivait depuis son premier jour dans ce service, se tenait devant le lit avec ce sourire imperturbable.

- Bonjour Cassidee, alors, tu t'es offert une petite balade ce matin? La gronda-t-elle doucement.

Elle posa un cachet sur la petite tablette face à l'adolescente et attendit que celle-ci l'aie avalé avant d'ajouter:

- Est-ce que tu te sens d'attaque pour le cours de cet apres-midi, ou tu préfère rester dans ta chambre?

Cassidee lui adressa un regard fatigué et se redressa pour montrer qu'elle irait en cours. Jewell lui sourit de plus belle, et l'aida à se lever. Le service pédo-psychiatrie offrait le droit à ses patients d'avoir quelque cours selon le cas. Cassidee avait choisit de n'en prendre que trois. Littérature Histoire et Anglais. Les épreuves qu'elle aurait a passé à la fin de son année de terminale. Bien qu'elle ne soit qu'en première Littéraire. De toute façon, elle n'avait rien d'autre à faire durant ses journées à l'hôpital, et elle se doutait qu'elle y resterait encore un moment.

Elle entra dans la classe aux couleurs vive, où quatres adolescents étaient déjà assis. Elle remarqua à peine le nouveau venu. Ils finissent tous par partir, alors pourquoi y faire attention? En deux mois, elle avait vu plus de gens partir qu'arriver. Partir, dans tous les sens du terme. Jewell la laissa à sa place, après lui avoir interdit d'aller se balder à la fin du cours, et de rentrer immédiatement dans sa chambre. Cassidee s'asseyait toujours près de la fenêtre, car elle pouvait observer les gens dans la rue. Révant d'être à leur place, ne serais-ce que pour une heure. Le cours d'Histoire commença avec le jeune professeur bénévole. Très vite, elle n'y faisait plus attention. Un sentiment étrange l'avait pris. Doucement elle se retourna, et son regard se heurta à celui du garçon assis au fond de la salle. Son menton posé au creux de sa main, il la fixait en souriant. Quand il se rendit compte qu'elle l'avait vu, son sourire s'aggrandit et il porta sa main dans ses cheveux blond, au couleur des champs de blé, qu'il ébouriffa encore plus. Cassidee secoua la tête, elle se sentait troublée, sans savoir pourquoi. Son coeur sembla se réanimer tout seul. Elle se détourna, consciente qu'il la regardait encore. Elle garda les yeux fixés devant elle, essayant de cacher son trouble.

- Vous pouvez ranger vos cahiers, on continuera jeudi. Bonne journée à tous, acheva le jeune professeur.

Les élèves se levèrent un par uns, et quittèrent la salle en parlant les uns avec les autres. Cassidee ferma son cahier, et se leva. Lorsqu'elle se dirigea vers la porte, elle lança un regard vers la place du fond à présent vide. Soupirant, elle s'avança dans le couloir. Les infirmières qui passaient la saluèrent, ce à quoi elle répondit avec un faible hochement de tête. Les épaules rentrées, la tête baissée, les pieds trainant, Cassidee avançait péniblement le long de ce couloir. Il y a longtemps qu'elle n'a pas vu autre chose que ce couloir. Remplis, vide, silencieux, bruyant, vivant lorsqu'un patient guéris quittait le service en riant avec les aide-soignant, et mort lorsque Cassidee l'empruntait.

Jewell la vit passer alors qu'elle quittait la chambre d'un petit garçon amené ici pour avoir des maux de ventre à l'idée de retourner à l'école. Comme toujours, l'aura que dégageait la jeune fille était froide et noire. Depuis son arrivée, Jewell n'avait cessée de s'occuper d'elle. Elle s'était alors pris d'affection pour elle, et lui ramenait quelques livres qu'elle trouvait interressant. Ensuite, elle passait pour la voir lire, avec ce qui semblait être un sourire au coin des lèvres. Bien sur, elle était ravie que Cassidee puisse s'échapper dans une histoire autre que la sienne, mais c'était aussi un pretexte pour pouvoir approcher la jeune adolescente, renfermer et muette. Jusqu'à présent Jewell n'entendait sa voix que pour demander des médicaments, ou l'accès à la salle de bains. Une jeune fille si intelligente devrait être dehors à s'amuser, et pas ici à se torturer, se disait-elle souvent en la regardant bouger avec peine. L'infirmière en chef se stoppa soudain, alors qu'elle s'apprétait à appeler l'adolescente. Un garçon venait de passer devant elle, les yeux rivés sur Cassidee. Elle se rappelait l'avoir installé dans sa chambre le matin même, mais n'arrivait pas à se souvenir de son nom ni de sa présence ici... Jewell croisa les bras sur sa poitrine, et le regarda un moment avant de se dire sans trop savoir pourquoi, que bien des choses allaient changer.

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27 novembre 2010

3/

 

Cassidee referma le livre qu'elle tenait à la main. Elle venait de remarquer sa présence. Tout comme la veille, il n'arrêtait pas de la regarder de ses yeux pétillants. Elle tourna la tête comme pour échapper au rayons qui semblaient la dévorer. La salle de repos était vide le mercredi, aussi c'ets pour cela qu'elle venait y lire devant la grande baie vitrée. Mais ce jour là, c'était impossible. Il était avachit sur un ballon de cirque et se balançait au rythme de la musique qui passait dans son I-pod. Cassidee se trouvait de l'autre côté, sur un futon violet, celui qu'elle prenait toujours. Au bout d'un moment passé à la dévisagé, le garçon se leva, et se dirigea vers elle. Aussitôt Cassidee se pétrifia. Il s'affala sur le futon en face d'elle, et enleva un de ses écouteur. Avec des gestes doux et un demi-sourire il le porta jusqu'au visage de Cassidee qui se raidit d'avantage. Ses yeux trahissait l'incompréhension et la crainte de ce garçon qui s'approchait trop d'elle. Alors qu'elle rejetait sa main d'un coup de coude, elle croisa son regard. Des grands yeux bruns pailleté d'or, comme si les anges avaient décidé de poser leurs trésors à l'interieur. Elle poussa de nouveau la main du garçon et détourna le regard. Il recommenca doucement, les yeux toujours rivés sur elle. Et alors qu'elle le recalait de nouveau, il sourit et recommenca. La même chose se déroula pendant cinq bonnes minutes quand, il murmura le plus calmement possible: " Fais moi confiance" Le son de sa voix avait était si prenant que Cassidee a levé les yeux vers lui, et oublia la main du garçon qui éloignait une des méches de son oreille, frolant ainsi sa joue libérant une onde chaude sur son visage, trop occupée à se perdre dans cet océan étincellant. Quelques secondes plus tard, une mélodie aussi douce que belle retentie, et les yeux de la jeune fille s'écarquillèrent. Elle écouta et pour la première fois depuis des mois, elle ressentit une chaleur inexplicable au contact de l'adolescent. Celui-ci ne la quittait pas un instant des yeux, guettant la moindre petite réaction. Pourtant Cassidee resta imperturbable, les paroles de la chansons l'atteignait tellement profondément qu'elle effaça les contours de la salle, le bruit du couloir, la froideur du sol, et la douleur qu'elle ressentait non-stop depuis deux mois, disparue. Seul le pépites d'or face à elle et la mélodie d'un piano lointain qui accompagnait la voix cassée d'un chanteur inconnu, seuls ces détails comptaient. Et quand la chanson se finit, il enleva délicatement l'écouteur et avec un sourire, il se leva et retourna à sa place initiale. Ne sachant pourquoi, la jeune fille posa son livre sur le sol et se redressa. Son coeur recommença à battre irrégulièrement, son souffle devint précipité, et elle chercha une issue de secours du regard. Seulement il fallait passer devant lui pour sortir, et ça se n'était pas pensable. Pourtant... Une force innexplicable la poussa, elle se leva à son tour et avança pas à pas vers lui. Il ne la lachait pas des yeux, même s'il semblait surpris de la voir approchée. Peu à peu, Cassidee se réchauffa de nouveau, seulement consciente de son regard.

- Qui es-tu? demanda-t-elle avant de se rendre compte qu'elle venait de prononcé ses mots, et qu'elle se mit à regretter. Elle se mordit la lèvre, et tourna les talons. A peine avait-elle touché la poignée de la porte qu'elle se sentait déjà perdue. Abandonnée. Frigorifiée.

- Alex, je suis Alex.

La jeune fille sursauta tant la voix lui avait fait mal. Elle fit volt-face et fut à peine surprise de le trouver à un ou deux mètres d'elle.

- Et toi? demanda-t-il en s'arrêtant.

-Ca... Cassidee.

- Alors enchanté Cassidee.

Elle hôcha la tête en fuyant son regard.

- Je vais...

- Tu veux qu'on aille faire un tour dans le parc? l'interrompit-il

Cassidee releva la tête surprise.

- Je n'ai pas le droit de...

Leurs yeux se croisèrent, elle secoua la tête et ouvrit la porte avant de s'enfuir dans sa chambre.

Allongée sur son lit, elle écoutait les pas des infirmières de nuit courir jusqu'à une chambre voisine. Pourquoi? Pourquoi son coeur s'emballait-il soudain comme ça? Elle ne le connaissais même pas! Et il l'avait touché! Elle effleura sa joue, sentant encore son contact bruler sa peau. Elle essayait de dormir depuis maintenant pres de trois heures, mais dès qu'elle fermait les yeux elle voyait encore les paillettes dorées danser. Et il y avait cet air qui lui trottait dans la tête, sans qu'elle puisse mettre un nom dessus.

Malgrè tout... Pour la première fois, elle voyait un peu de lumière dans son tunnel noir.

 

Le lendemain, après une nuit quasimment blanche à force de se poser des questions, Cassidee se rendit dans la salle de cours en trainant des pieds. Le bien-être qu'elle avait cru ressentir avait disparu, et elle retrouva son humeur habituel, enfermée dans le noir. Assise à sa place habituelle, elle regardait un couple de vieillard se promener le long de la grande rue bordée d'arbres enneigés, quand elle sentit un courant d'air à côté d'elle. Elle leva des yeux lourds vers la personne à côté d'elle. Alex venait de se glisser sur la chaise libre et la regardait avec de grands yeux.

- Bah, t'as fait quoi cette nuit? chuchota-t-il en montrant les cernes allongées du doigt.

Cassidee l'ignora et posa sa tête contre la fenêtre. Alex haussa les épaules et sortit un carnet à dessin. le temps passa comme ça, lui dessinant, elle admirant la fenêtre. Jusqu'au moment où le professeur les perçut et posa une question à Cassidee qui sursauta.

- Qu'est-ce que vous pouvez en dire donc?

Elle détourna le regard. Ce n'était pas la première fois qu'il l'interrogeait masi jamais elle ne répondait. Ce ne fut pas la voix du professeur qui se mit à expliquer les problèmes de l'économie française au dix-neuvième siècle. D'abord elle crut halluciner, mais en y regardant plus près la voix douce et égale provenait du siège d'à côté. Alex dessinait tranquillement, les yeux rivés sur sa feuille, pendant qu'il parlait. Tous les visages étaient tournés vers lui, et une fois qu'il eu finis, le professeur se racla la gorge et hocha la tête avant de continuer. Cassidee observait Alex du coin de l'oeil. Ce dernier finit par le remarquer et lui sourit en masquant sa feuille. Elle fit la moue et se leva. Le professeur lui lança une remarque mais elle l'ignora, et sortit. Une fois dans le couloir, elle s'adossa au mur en soupirant.

- Qu'est-ce qui t'arrives miss?

Jewell arrivait avec un sachet dans une main. La jeune fille secoua la tête. Elle se laissa guider jusqu'à sa chambre. De là, elle resta assise à regarder le parc vidé et encore enneigé.

Je laisse mes yeux se fermer. Si je les laisse fermer assez longtemps, tu crois que je pourrais me réveiller de l'autre côté? Je suis si fatiguée. Je n'ai plus la force de marcher pour y aller. Ca semble si facile de s'en aller, partir, comem si rien de tous ça n'était arrivé. Loin. Si loin que plus personne ne pourra me rattraper.

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28 novembre 2010

4/

Il apparu alors. Marchant dans la neige glacée, sous ses yeux. Cassidee le suivit du regard. Il épousseta le banc en bois, posa quelque chose dessus et s'assit, remontant ses genoux jusqu'à son menton. La jeune fille inspira un grand coup, et sans comprendre pourquoi, elle saisit sa veste et le bonnet qui l'accompagnait, avant de s'évader dans le couloir.

Doucement, sentant la neige craquer sous ses pieds, Cassidee s'approchait du garçon à l'air pensif. Elle s'arrêta à quelque mètres devant lui. Le vent balayait ses cheveux, les remenant sur le côté, créant un rideau noir devant son visage. Doucement, Alex leva le visage vers elle, ses épis rebelles virevoltant sur le haut de son crâne, puis il sourit.

- Yo! lança-t-il

Cassidee secoua la tête et fit demi-tour. Avant qu'elle aie pu faire cinq pas, une main la retint, provoquant de nouveau la chaleur innondant son bras. Elle se raidit et repoussa cette main génante. Son coeur se réanima de nouveau lorsqu'elle croisa les yeux implorant du jeune homme.

- Ca te dis, un tour dans le parc? murmura-t-il.

Son sourire était toujours gravé sur son visage. Cassidee abaissa la tête avant de la hôcher, et de le suivre sous les grands arbres. La neige craquelait sous leurs pas, rompant le silence qui s'était installé. Cassidee se sentait nerveuse, sans trop savoir pourquoi. Alex avait passé une main dans ses cheveux, et lancer un regard vers la jeune adolescente.

- J'ai jamais vraiment aimé l'hiver... En fait, c'est plutôt l'été qui me convient le mieux. Quand le soleil est brulant, et que le moral des gens devient meilleur avec la chaleur. Tu ne crois pas?

Cassidee le regarda à peine une seconde avant de détourner les yeux.

- Mais toi...Toi, tu es comme cette neige non? Tu es froide à l'extérieur, mais dès que tu t'approches un peu du soleil, tu fonds...

De nouveau, l'adolescente garda le silence. Alex s'arrêta, les mains dans les poches, et se mit face à Cassidee.

- Alors.. Dans ce cas.. Alex sera le soleil qui fera fondre Cassidee.

La jeune fille leva les yeux vers lui, croisant les siens. Un frisson inexplicable passa sur tout son corps. Doucement, une larme coula sur sa joue, laissant une marque glacée sur sa peau pâle. S'en suivit une autre, puis vite un torrent d'eau coula le long de son visage creusé. Cassidee tomba à genoux. Alex sursauta surpris et se baissa pour se mettre face à la jeune fille.

- Qu'est-ce qui se passe? Tu as mal quelque part? demanda-t-il inquiet.

Cassidee secoua la tête, et attrapa le bras d'Alex en levant les yeux vers lui. Sa vision brouillée, elle admira le visage du garçon. Pourquoi pleurait-elle? Elle n'en savait rien elle même. Non, elle ne savait même pas pourquoi au contact de sa peau contre la sienne, elle se sentait réchauffée, en sécurité. Mais ce sentiment qu'elle ressentit en entendant ses mots, était un sentiments qui l'avait quitté depuis des mois. Et aujourd'hui Alex, un inconnu dont elle ignorait tout quelques jours auparavant venait d'entrer si profondément dans sa chair.

- Tu veux qu'on rentre? Cassidee?

L'adolescente hocha doucement la tête, et lâcha le blouson du garçon. Ses jambes ne voulaient pas bouger, gelée par la neige qui s'infiltrait sous son jean. Alex eu un sourire en coin, et délicatement il prit la main de Cassidee, la releva et après s'être assuré qu'elle tenait debout, il la lâcha. Aussitôt, elle eut envie qu'il la tienne de nouveau. Mais elle ne dit rien et le suivit en silence.

Une fois arrivée devant sa chambre, elle baissa les yeux sur ses mains, comme si elles étaient la plus belle chose au monde. Alex restait muet devant elle, avec son sourire innévitable. Il se balançait sur se spieds, d'avant en arrière, les mains dans les poches. Au bout de cinq bonnes minutes, il haussa les épaules et tourna la tête vers l'extrémité du couloir.

- Bon... Je vais retourner dans ma chambre... Avant d'aller faire un tour à la cafet', il parrait qu'il y a du poulet ce soir.

Il marqua une pause avant de soupirer.

- Je sais pas pourquoi je dis ça moi... J'aime pas le poulet en plus...

Cassidee arrêta la contemplation de ses mains et leva la tête. Elle remarqua le visage crispé du garçon, comme s'il cherchait à dire quelque chose mais qu'il risquait de provoquer la plus grosse catastrophe du monde. Doucement, il fit tomber ses bras le long de son corps, et fit demi-tour, sans avancer.

- A plus Cassidee... murmura-t-il.

La jeune fille sentit sa poitrine se soulever, mais elle resta à regarder le dos de cet adolescent mystérieux. C'est quand il leva un pied pour marcher, qu'elle fut pris d'un sursaut:

- Tu veux pas rester avec moi? débita-t-elle à tout allure d'une voix faible.

Si faible qu'elle pensait qu'il ne l'avait pas entendu. Mais à peine avait-elle pronocé ses mots qu'il fit volt-face, un sourire lumineux sur son visage.

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5/

Cela faisait maintenant près de deux semaines que Jewell regardait passer Cassidee jusqu'à la salle de repos où elle avait l'habitude de rejoindre le Jeune Alexander. A chaque fois qu'elle passait près d'eux, le silence était d'ordre. Aucuns des deux ne parlait. Ils restaient assis à la même place à chaque fois. Cassidee lisait, pendant que Alex dessinait. Par moment, il lui posait une question, auquel elle ne répondait qu'avec un regard, comme toujours. Malgrès tout, il restait près d'elle, ne se lassant pas de gratter le papier de son fusain. Jewell aimait les observer caché derrière le mur, un sourire innocent aux lèvres. Ainsi, elle pouvait voir la jeune fille reprendre des couleurs. Elle n'était plus seule à présent, et l'infirmière pouvait lui tourner le dos quelques instant sans avoir peur du résultat. Elle pouvait le voir aux yeux du garçon. Au moindre mouvement de sa patiente, elle apercevait immédiatement le regard qu'il lui lançait. Un regard doux, qui parlait plus que n'importe quel mot.

Comment expliquer ce qu'est ce sentiment? Sans savoir d'où il vient, il entre et s'installe dans un coeur, décidé à ne plus le quitter. Même s'il en souffrira... Peut importe? L'instant présent c'est ce qui compte? Qui aurait cru qu'u jour, je vivrais de nouveau... A travers de ces yeux. Mais je ne peux pas, n'est-ce pas? Je n'ai pas le droit.

Allongée sur le sol chauffé, Cassidee dévorait Britanicus, silencieusement. Elle n'eut pas besoin de lever la tête pour savoir qu'il était entré dans la pièce. Il s'affala à côté d'elle en grimaçant. Il n'avait pas de calpin aujourd'hui, Cassidee le remarqua aussitôt, mais elle le garda pour elle. La jeune fille avait accepté la présence d'Alex près d'elle constamment, et elle avait cessée de fuir son regard. Pourtant, elle ne lui adressait jamais la parole, ignorant ses questions. Jewell disait souvent que les gens pourraient la prendre pour une sauvage une fois à l'extérieur. Ca lui était bien égal. Parce que l'extérieur est sauvage aux yeux de Cassidee.

Un petit garçon de 10 ans entra à son tour avec un ours accroché à sa main. Il semblait perdu, dans ses pupilles brillaient des dizaine de petites gouttes. Alex qui s'était mis sur le dos, les jambes étendues sur le mur, le regarda passer. Puis, le petit garçon tomba en renifflant. Cassidee leva se redressa au moment où Alex s'était déjà précipité vers lui. Il se baissa, geste qui fit relever sa chemise noire le long de son dos. Un frisson d'horreur secoua Cassidee lorsqu'elle aperçue les marques bleuâtre qui composait son dos. Il se releva avec le jeune garçon en lui expliquant où il était. Cassidee vit les même marques long de son bras quand il le leva pour ébouriffer les cheveux du garçon. Puis il le mena jusqu'à la salle des infirmières en rigolant.

A peine quelques minutes plus tard, il revenait en sautillant dans son jean trop large mais se stoppa quand il vit le visage crispé de son amie. Les yeux écquarquillés d'horreur, elle posa une main contre sa bouche, et de l'autre, elle effleura le bras équimosés de l'adolescent.

- Qui t'as fait ça? murmura-t-elle la voix enrouée.

Alex suivit son regard, compris, et souleva sa manche. Des dizaines de bleus, de cicatrices marquaient sa peau. A chaque qu'elle posait les yeux sur l'une de ses marques, Cassidee sentait son coeur se révolté.

- Oh mon dieu, souffla-t-elle.

Alex replaça sa chemise comme il faut, et s'asseya sur le couffin à ses pieds.

- C'est rien Cassi, t'en fais pas, j'ai presque plus mal, dit-il avec son sourire.

Cassidee s'agenouilla face à lui:

- Tu as mal?

- Non, pas quand je suis avec toi.

- Sérieusement! lâcha Cassidee en détournant la tête.

- Je suis sérieux, murmura le jeune homme.

Délicatement il passa un doigt sous le menton de son amie et l'attira vers lui.

- Je t'assure. Etre avec toi, me fait oublier tout ce qu'il y a autour.

Cassidee se perdit dans ses yeux, avant de s'écarter. Alex soupire et s'enfonça dans le couffin avant de dire le plus simplement possible:

- C'est mon père qui me les a faite, ces marques.

Cassidee se raidit, attendant la suite.

- Je ne sais pas si tu as remarqué, mais je suis plutôt intelligent.. En fait mon QI exact est de 145, donc je suis un surdoué. On dirait pas hein? Enfin bref.. Mon père a jamais supporter l'idée que son fils puisse être plus intelligent que lui, le grand scientifique... Aussi, il a bien fallut qu'il se trouve un exutoire.

Cassidee lui lança un regard vide, et Alex se força à sourire, alors que ses yeux divagaient.

- Il a d'abord commencer par frapper ma mère. Ca a duré un an. Puis elle est partie. Mais je ne te parlerais pas de ce soir là. Il a donc fini par se libérer sur moi. Et voilà d'où me viennent ses blessures.

Il ne la regardait pas, son souffle était court, et le coeur de Cassidee battait à rompre le silence imposé par la neige tombant par la fenêtre. La jeune fille s'approcha doucement, et posa une main hésitante sur l'avant bras de son ami. Il tourna un visage surpris vers elle, et d'un coup sans prévenir, il la prit dans ses bras, posant son menton sur le haut de son crâne. Cassidee tressaillit, mais ne bougea pas. Elle sentait le souffle du garçon se disperçé sur ses cheveux, et était incapable de faire un geste. Les bras forts et doux à la fois qui la serrait, ne la génait pas plus qu'elle l'aurait penser.

- Tu sais... J'étais déjà comme ça hier, pourtant tu ne le savais pas, alors ne me regarde pas comme tu viens de le faire... Reste toi même.

- Rester moi même? murmura la jeune fille.

Elle sentit l'approbation du garçon, avant qu'il ne remonte l'une de ses mains jusqu'à ses cheveux. Doucement, il carressa la chevelure d'ébène. Cassidee frissonnait silencieuse. Puis il l'écarta, et plongea son regard dans le sien.

- Tout va bien. Tout ira bien.

Sans savoir si je dois être rassurée, je suis apaisée. La présence d'un être près de vous a-t-il le pouvoir de tout changer? De tout détruire?

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30 novembre 2010

6/

- Non reste assis je t'en pris, répondit la maman.

Marie observait le changement radical qu'était sa fille. Le coeur gonflé d'espoir, elle s'appuya sur l'entrée de la porte de la chambre de l'adolescente, et silencieuse elle observait la scène.

Cassidee était assise en tailleur sur le lit et lisait un nouveau livre, pendant que le garçon aux yeux d'or dessinait sur la fauteuil couleur pomme. Tout cela pourrait parraître anodain. Si seulement la fille n'était pas Cassidee. Marie aperçut les regards en coin qu'elle échangeait avec l'adolescent. Mais ce qu'elle vit surtout, c'est le visage empreint d'une étincelle de joie qui avait tant manqué à son coeur de mère.

- Alex? murmura une petite voix.

D'abord, Marie crut alluciner. Sa fille venait-elle de parler? Les larmes au bord des yeux, Marie regarda le garçon se lever pour s'assoir au côté de sa fille.

- Qu'est-ce qu'il y a? demanda le garçon d'une voix paisible.

La jeune fille secoua la tête, et le dénommé Alex sourit de plus belle. Puis il leva ses pupilles dorées, qui s'écquarquillèrent sous l'effet de surprise.

- Oh, bonjour! Lança-t-il en se levant.

Cassidee avait levé les yeux vers elle, et la regardait. Elle la regardait vraiment. D'un regard plein de nouvelles choses, de sentiments cachés, enfouis au plus profond de son coeur, qui réchauffa Marie. Elle devina au visage de son enfant, que le souhait qu'elle avait depuis des mois de pouvoir apercevoir une lueur de vie s'illuminer, oui ce souhait était sur le point de se réaliser.

- Je vais vous laisser toutes les deux seules, chuchota Alex.

En une seconde, Cassidee se décomposa. Elle redevint le corps vidé de toute présence humaine. Paniquée à l'idée de retrouvée son enfant molle et sans lumière, Marie s'élança dans la chambre:

- Non! Reste Alex... S'il te plait, continuez. Je... C'est moi qui vais partir.

Le garçon s'immobilisa avant de lancer un regard inquiet vers Cassidee, qui semblait surprise. Marie s'approcha de sa fille, lui carressa les cheveux du bout des doigts.

- Je t'aime ma chérie.

- Vous êtes une bonne mère, lança une voix dans le couloir.

Marie se retourna surprise. Alex avançait vers elle, les mains dans les poches, d'un pas sautillant et tranquille.

- Je te demande pardon? demanda Marie hébétée.

- Non, en réalité vous vous demandez, si vous êtes une bonne mère pour Cassidee.

Marie croisa les bras, et regarda le garçon arriver jusqu'à elle.

- Si, le fait que vous n'avez pas vu à quel point elle se sentait mal, est de votre faute? Ou bien, le fait que vous n'avez rien fait pour empêcher ce qu'il s'est passé.

Marie ouvrit la bouche, mais Alex continua:

- Je pense au contraire, que vous avez été débordé par les évenements et que vous n'avez rien vu venir. En réalité, vous vous cachiez. Pourquoi est-ce que Cassidee allait mal? Vous ne le saviez pas. Vous ne vouliez pas le savoir, n'est-ce pas? La vue de l'être que l'on aime le plus en train de souffrir, nous est insupportable, alors on fuit. Mais cela ne fait pas de vous une mauvaise mère. Selon mon point de vue.

Il se figea face à elle, et la fixa droit dans les yeux.

- Vous aimez Cassidee.

- Tu sais, ce qu'il s'est passé? risqua Marie en admirant le visage de l'adolescent.

- Non. Si Cassidee ressent le besoin de me le dire, elle le fera. Je ne la forcerais jamais à faire quelque chose qu'elle ne souhaite pas. Jamais.

Ce que Marie lu dans les yeux du garçon à ce moment là, c'était du défis. Le défis de ne pas le croire. Pourtant, la jeune mère, n'eut pas besoin de mettre en doute sa parole. Les pupilles dorées rivées sur elle, Marie ne pouvait pas imaginer un instant ce que le garçon était en train de faire. Non, elle était si loin de la vérité.

Derrière, une jeune fille avait tout entendu de l'échange entre sa mère et son nouvel ami. Les mots du garçon résonnait encore dans sa tête, "Je ne la forcerais jamais à faire quelque chose qu'elle ne souhaite pas." Cassidee sentit son coeur se décroché et se mettre à fuir dans sa poitrine. Il tambourinait encore plus fort à chaque battement. Le souffle court, elle s'effondra le long du mur de pierre. Un grondement assourdissant pris place dans sa gorge et sans qu'elle sache comment, Cassidee se mit sentir une boule affreusement grosse monter le long de son corps. Des images lui revenaient en tête comme des flash-back que l'on voit dans les films.

Les longs cheveux noirs du monstre qui la hantait se balançait devant ses yeux équarquillés d'horreur.

'- Je te force pas Miss, mais...'

L'odeur du sang s'élança dans les airs. Son poignet droit la brulait si fort que Cassidee poussa un cri. L'attention d'un patient d'une vintaine d'année fut attirée. Mais elle ne le vit pas. Elle était repartie.

' - Allez sois mignone... Tu n'iras pas dire que je te force après... Ma chérie'

Un rire immonde résonna dans son crâne. Cassidee se le prit à deux mains en hurlant.

- Laisse moi! Non! NON!

L'air autour d'elle devint lourd, elle ne savait plus reprendre sa respiration, comment on fait déjà? Ca y'est je vais mourir? Enfin!

Les yeux dorés d'Alex surgirent sur l'écran de ses paupières fermées. Cassidee ne les remarqua pas d'abord, puis, un élément la frappa, alors que son corps s'était mit à trembler. Dans les iris colorées brillaient des centaines de petites larmes argentées. Cassidee eut froid. Si froid que ses dents se mirent à claquer. Entre deux claquements, d'une voix si faible, elle appela:

- Alex.

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02 décembre 2010

7/

- Qu'est ce qui s'est passé? murmura Cassidee étendue sur un lit qui ne lui appartenait pas.

Une main passa maladroitement entre ses cheveux mouillés. Elle ouvrit les yeux péniblement, en proie à une fatigue terrible. Les yeux gonflés et rouges, Marie se tenait en face du lit, les mains serrées sur la barre de fer. Cassidee tourna un peu la tête pour voir à qui appartenait la main qui tremblait sur son crâne. Alex avait le visage fermé et aussi blanc que la neige qui tombait à l'exterieur. Il tenta de sourire mais il resta crispé.

- Tu... Tu as fait une crise de panique inexpliquée, d'après le medecin, expliqua Marie la voix enrouée.

- Mais il est possible que tu ne t'en souviennes pas, dû au choc que tu as reçus en... dégringolant, continua-t-elle.

Elle soupira la main sur le coeur, et s'éloigna après avoir précisé qu'elle allait chercher le médecin.

- Comment tu te sens? Demanda une voix différente.

Alex avait enroulé une des mèches de cheveux de Cassidee autour de son doigt, et n'osait pas la regarder.

- Fatiguée...

- C'est normal, il... Je veux dire.. Tu as dû te battre beaucoup pour...

Sa voix se brisa, et il laissa sa tête tombée en avant. Sa poitrine se soulevait au rythme de sa respiration.

- Alex? chuchota Cassidee.

Il secoua la tête sans dire un mot. Elle ne pouvait pas voir son visage, et cela l'intrigait autant que cela l'effrayait. Elle souleva sa main péniblement pour la poser sur le haut de la tête mais se fut ce moment choisit par le medecin pour entrer en trombe dans la chambre, Marie sur les talons. Le Dr. Mender était un vieux docteur de Pédiatrie spécialisé chez les adolescents. Son crâne dégarni laissait apercevoir des cheveux grisés, tout comme son regard bleu mer était doux et gentil. Il s'approcha jusqu'à Cassidee et posa son stétoscope sur la poitrine de la jeune fille. Alex éloigna sa main, au grand regret de Cassidee, mais il resta assis près d'elle, se qui la calma.

- Bien, ton rythme cardiaque est redevenu stable. Alors Cassidee, qu'est ce qui s'est passé dans ce couloir?

La jeune fille lança un regard vers Alex qui gardait la tête baissé, puis elle regarda le docteur en haussant les épaules.

- Tu sais, tu as eu beaucoup de chance qu'Alex soit arrivé à temps pour te calmer, ne serait-ce qu'un peu.

Le coeur de Cassidee bondit, alors qu'Alex se redressa.

- D'ailleurs, pourquoi n'y avait-il pas d'infirmières?! S'écria Marie

- Madame s'il vous plait, votre fille est...

- Elle ne serait pas dans cet état si vous aviez pu l'aider!

- Elle n'est pas la seule dans ce service. Si vous voulez bien me suivre nous en parlerons dans mon bureau. Cassidee, ajouta-t-il en se tournant vers elle, repose toi, Jewell va t'aporter un sédatif. Alex, pas trop longtemps.

Marie suivit le docteur, et les adolescents entendirent les protestations de la maman jusqu'à ce qu'ils s'éloignent dans le couloir. Un silence pesant s'installa.

- Alex... Je suis désolée, je ne sais pas ce que j'ai eu...

- J'ai eu tellement mal. De tous les coups que j'ai reçu celui là était le pire.

Cassidee leva les yeux jusqu'à lui, le regard dans le vide il se mordait la lèvre.

- De quoi tu parles? demanda-t-elle doucement.

- De toi! Enfin, de moi. De ce que je ressens pour toi, plutôt.

Cassidee était tellement fatiguée que les mots d'Alex ne l'atteignirent pas immédiatement. Quand elle comprit, elle ouvrit la bouche, et Jewell pénétra dans la chambre. Alex s'écarta vivement, sous le regard étonné de l'infirmière.

- je viens juste lui donner son médicament, du calme. Quand tu te sentiras mieux, on te ramènera dans ta chambre. Tiens, dit-elle en lui tendant la pillule.

Cassidee l'attrapa d'une main faible, et l'avala. Jewell venait à peine de partir que déjà, les paupières de la jeune fille devenaient lourdes.

- On parlera demain, d'accord? Murmura Alex.

- Tu vas rester avec moi.. Chuchota Cassidee les yeux fermés.

Elle sentit le souffle chaud d'Alex se rapprocher d'elle, et elle pû sentir son odeur sucrée venirent s'incruster dans sa peau.

- Si tu me le demande, murmura-t-il au creux de son oreille.

Tout doucement, il posa son front contre celui de la jeune fille, propageant des ondes chauffée partout le long de son corps engourdi.

- Bonne nuit Cassidee...

Il posa ses lèvres douces sur la joue de la jeune fille, et resta à son côté jusqu'à ce que son souffle precipité se soit calmé.

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04 décembre 2010

8/

Cassidee avança jusqu'au fond de la salle en silence. Le garçon était assis, les yeux fermés la tête collée contre le mur, les cheveux plus en désordre que jamais. Cela faisait deux jours qu'ils ne s'étaient pas vu. Le week-end avait passé, et Alex était parti chez un parent. Il était revenu le matin même, et Cassidee avait beaucoup hésité avant d'aller le voir. Pourtant, à ce moment précis, elle n'avait qu'une envie, faire demi tour. Ce qu'elle tenta de faire, quand elle apperçu les yeux dorés d'Alex qui la dévisageait. Le coeur fatigué de l'adolescente se réchauffa lorsqu'elle vit le sourire imperturbable de son ami.

- Tu ne vas pas me fuir après tous les efforts que tu as fait? rigola-t-il en montrant le futon en face de lui.

Cassidee s'assit et baissa les yeux. Alex se rapprocha d'elle, et délicatement, il remonta le menton de la jeune fille d'un doigt.

- Je t'ai manqué? demanda-t-il soudain.

Cassidee ouvrit de grand yeux.

- Tu rougis? S'écria Alex avec un grand sourire.. Trop mignone, soupira-t-il.

Il retourna contre le mur, toujours en regardant la jeune fille.

- Tu connais l'histoire de Roméo et Juliette? l'interrogea-t-il le regard rivé sur elle.

Cassidee hocha la tête surprise.

- Roméo a eu un coup de foudre sans nom lorsqu'il a vu Juliette. En un regard il a sû, qu'il serait prêt à tout pour leur amour, et c'est ce qu'il a fait. Il ne lui a suffit qu'un regard, et leur destin était lié. Tu imagines, un regard, et il était tombé éperdumment amoureux de la belle Juliette, même si c'était impossible. Imprévisible. C'est une magnifique histoire. D'amour... Dont on pourrait croire que ça n'arrive que dans les films, ou les livres, n'est-ce pas?

La jeune fille l'écoutait divaguer, sans comprendre où il voulait en venir.

- Tu sais... Je pensais vraiment que ce genre d'amour n'arrivait pas dans la réalité. Comment peut-on penser à aimer une fille sans la connaitre? Juste en la regardant... C'est impossible.

Il s'arrêta et regarda par la fenêtre. Cassidee attendit, l'estomac noué.

- Quand je t'ai vu pour la première fois, tu étais étendu au milieu de la neige. Tu criais. Un cri a déchirer le coeur, "si le mien pouvait s'arrêter".. C'est ce que je me suis dit. Et j'ai continuer de te regarder incapable de bouger, hésitant entre la colère et la pitié. Le jour où tu es entré dans la salle de classe, mon regard a tout de suite été porté sur toi, sans explication. Tu t'es assise sans me voir. Et j'ai croisé tes yeux. Ils étaient si vide, si triste. Tu ne pourras jamais imaginer les sentiments qui me sont passés par l'esprit à ce moment là. C'est inexplicable. Mais j'avais envie, j'avais besoin, d'être avec toi. Te quitter ne serais-ce que quelques heures, est horrible pour moi. Une douleur sans nom.

Cassidee se mordit la lèvre, en serrant les mains, sans savoir que dire.

- Il y a deux jours. Tu as été le coup de grâce. Si je me posais des questions sur l'état dans lequel j'étais, tout est devenu claire, quand je t'ai vu étendue dans le couloir tremblante, appelant mon prénom. J'aurais souhaiter pouvoir être à ta place. Souffrir en te regardant souffrir, c'est bien pire que si j'étais le seul. Je ne sais pas ce qui s'est passé Cassidee... J'en ai une petite idée, mais quand je te regarde, je me dis que je suis encore loin de la vérité. Sache au moins, que tant que tu demanderas à ce que je sois à tes côtés, même dans un silence complet, je serais là, et je parlerais pour deux. Tant que tu m'appeleras même si tu es trop fatiguée pour marcher, je te porterais. Et si tu as peur, alors, je prendrais tes peurs, et les transformerais en rêves. Par contre, si tu pleures, permet moi de pleurer avec toi. Si tu as mal, permet moi d'avoir mal pour toi. Parce que...

Il inspira un grand coup:

- Je crois bien que je t'aime Cassidee.

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20 décembre 2010

9/

Allongée sur son lit, la tête dissimulée sous la couette, Cassidee écoutait son coeur battre. Il résonnait dans sa poitrine, repensant à l'après midi qui venait de se dérouler.

Ils étaient face à face, silencieux. Cassidee gardait les yeux rivés sur lui incapable de les bouger ne serait-ce qu'une demi-seconde. Quand au garçon, il gardait la tête basse, et ne disait plus un mot. De longues minutes passèrent. Cassidee finit par secouer la tête et se lever lentement. Une main chaude la saisie, elle tressaillit, et se retrouva clouée au sol, dans les bras chaleureux du garçon. Il carressait sa tête, enroulant ses bras autour de sa taille. Cassidee se laissa faire, et à sa plus grande surprise, sans trembler. Ils restèrent ainsi, Alex chuchotant à l'oreille de la jeune fille, des mots sans liens, des promesses envolées, et doucement, il essuyait chaques larmes.

Puis, Cassidee s'éloigna, il ne la retint pas.

Maintenant, trop fatiguée pour penser à autre chose, elle se laissait bercer par le sourire du garçon qui se mélangeait à la musique de son coeur. Elle ferma les yeux.

Le lendemain, Cassidee se leva avec une boule dans le ventre. Sans comprendre comment ou pourquoi, elle ne prit même pas la peine de mettre ses bottines, elle s'elança dans le couloir, jusqu'au bout, puis, sans frapper, elle ouvrit la porte. Un vent glacial s'infiltra dans ses cheveux.

- Qu'est-ce que?

Le lit central était fait, et les draps changés. La porte de la penderie laissait apercevoir un vide, les vêtements avaient disparus. Cassidee balaya la chambre du regard, et tomba doucement, contre le mur.

- Il est partit il y a une heure.. Murmura une voix enfantine.

Cassidee tourna les yeux vers le petit garçon qu'Alex avait raccompagné. Un petit Tom, adorable qui ne quittait pas le jeune homme dès qu'il pouvait sortir de sa chambre et ce, depuis son admission.

- Quoi? demanda l'adolescente la voix cassée.

Tom hôcha la tête, et lui tendit un bout de papier déchiré.

" Un jour, ton coeur ne battra plus seul. Un jour, mon coeur le rejoindra. Et ce jour là, nos coeurs battront à l'unissons.

Guérie.

-Alex-"

Cassidee osa à peine relire ses mots qui la brisaient un peu plus quand ses yeux se posaient dessus. Se levant précipitemment, elle couru jusqu'à la salle de garde. Jewell était assise au bureau et buvait un café, qui gicla sur sa blouse lorsque la jeune fille poussa la porte.

- Cassidee! Tu m'as fait peur! commença l'infirmière.

Puis elle aperçut le regard apeuré de l'adolescente, et se leva.

- Qu'est ce qui se passe? demanda-t-elle d'une voix sérieuse.

- Où il est? risqua Cassidee en baissant les yeux.

- Qui?

- Alex! cria-t-elle.

- Alex? Oh... Il est partit ce matin chez son oncle. Je suppose que c'est la dernière famille qui lui reste. Alors, il veut en profiter non? Il ne te l'a pas dit?

Devant le visage décomposé de sa patiente, Jewell devina la situation, son regard se posa sur le bout de papier serré entre les doigts de la jeune fille. Elle le prit délicatement, et le lu en silence.

- Ca sonne comme une promesse non?

Cassidee releva les yeux vers elle, sans comprendre.

- La promesse qu'un jour il reviendra, pour toi.

- Il est partit. Il est comme les autres.

Jewell s'asseya et regarda la jeune fille patiemment.

- Peut être.. Que pour une fois, tu devrais lui dire ce que tu penses Cassidee. Fais comme lui. Ecris.

- S'il est partit, c'est qu'il ne veut pas de moi. Il a menti.

- Je ne crois pas que ce soit le genre du grand Alexander, le seul qui arrive à faire apparaitre un sourire sur ce visage blanc.

- Ca ne change rien. Que ce soit lui ou pas, il est comme les autres!

- Tu dois quand même, dire ce que tu veux dire.

Surprise, Cassidee fixa son infirmière favorite.

- C'est lui, qui te disait ça non? murmura-t-elle avec un sourire.

Cassidee se sentit soudain, différente. Un sentiment fort la propageait de toute part. Elle serra les poings, et sortit en claquant la porte. En colère, elle retourna dans sa chambre, prit son journal intime, et déchira une page, avant d'attraper son stylo, et de déverser des flots de mots, sans savoir pourquoi. Elle devait le faire.

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